LGV – Tours-Bordeaux une ouverture amère

Dimanche, la capitale de la Gironde fait la fête pour l’arrivée de la ligne à grande vitesse, mais à Toulouse et sur le bassin de l’Adour on l’a très mauvaise…


Bordeaux se réjouit, et il y a de quoi : dès dimanche, la liaison avec Paris se fera en 2h04. A partir de là, un torrent de retombées économiques est annoncée, merci pour eux. Mais… clin d’œil du calendrier, dans le même temps les tribunaux condamnent les territoires oubliés (nous !) à payer, et annule la déclaration d’utilité publique au sud de la Gironde.


Rappelons que le projet initial de cette ligne à grande vitesse était européen. Il s’agissait de bâtir un axe majeur de communication entre Paris et Madrid, via Bordeaux et le Pays Basque, avec une deuxième branche passant par Toulouse et Barcelone. D’où son nom : LGV Sud Europe Atlantique.

L’autre bénéfice attendu de la LGV (et pas le moindre) était de rapprocher l’ensemble des villes du Grand Sud-Ouest, en les mettant à moins d’une heure les unes des autres. Transformant les territoires entre Bordeaux, Toulouse et Hendaye en une grande métropole.


Du coup, les collectivités territoriales d’Aquitaine et de Midi-Pyrénées devaient apporter leur contribution. Logique !

Une soixantaine a été sollicitée pour débourser au total la bagatelle de 1,3 milliard d’euros (sur un total de 7,8 milliards) ; et finalement, seulement la moitié s’est engagée. L’autre moitié, comme le Département des Landes, a flairé la mauvaise affaire et a refusé de signer, laissant les autres dans leur…


Plusieurs collectivités du bassin de l’Adour se sont ainsi fait royalement et doublement piéger : par leurs consoeurs, qui n’ont pas joué le jeu (il reste toujours 350 millions d’euros à trouver), et par l’Etat et la SNCF Réseau qui a laissé tomber la ligne Bordeaux-Hendaye.

Disciplinées, elles ont honoré leurs engagements jusqu’au moment où cette liaison Bordeaux-Hendaye a commencé à être remise en cause. Les paiements ont alors été interrompus, mais la SNCF Réseau a saisi le tribunal administratif de Paris.


Ce dernier vient de condamner ces collectivités récalcitrantes à payer pour cette LGV qui a installé son terminus à Bordeaux.  Et les sommes sont rondelettes : 20 millions d’euros pour le Département des Pyrénées-Atlantiques, 14 millions pour l’agglo de Bayonne et 9 pour celle de Pau. La guerre du rail n’est pas finie.

Autre très mauvaise nouvelle pour la prolongation de la LGV vers le Sud, le tribunal administratif de Bordeaux vient d’annuler la déclaration d’utilité publique (DUP) sur le premier tronçon allant jusqu’à et Saint-Médard d’Eyrans. Il donne raison aux anti-LGV et considère que le montage financier n’est pas suffisamment finalisé, ainsi que l’évaluation économique et sociale.


Bon, en attendant, on va quand même gagner un peu de temps pour aller ou venir de Paris en TGV : 3h20 pour Dax, 3h43 pour Mont-de-Marsan, 3h53 pour Bayonne et 4h09 pour Pau. Pour Tarbes et Lourdes, il faudra rajouter la dose habituelle depuis Pau. Attention, ce gain de temps n’est valable que pour les liaisons directes, et s’il ne fait pas trop chaud.

On peut imaginer qu’il n’y aura pas des wagons entiers d’élus du bassin de l’Adour pour aller célébrer l’inauguration de la ligne Paris-Bordeaux.

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