La mythique Citroën Méhari sans frontière

La Méhari fait toujours rêver de nombreux Français, mais pas seulement. Les Allemands sont devenus des adeptes de ce véhicule étonnant.

Alors que la Citroën Méhari n’a jamais été importée en Allemagne pour des questions de sécurité (carrosserie thermoformée inflammable), un passionné Mario Malzkorn a pris une initiative très originale. Avec sa société, MM Kit Cars à  Dusseldorf, il propose de transformer une simple 2CV en Méhari.

Les véhicules ainsi assemblés sont donc des répliques, avec des carrosseries en fibre de verre fixées sur des structures tubulaires spécifiques sur le châssis de la 2CV.

MEHARIE 6 2CV

C’est le 16 mai 1968 que Citroën a présenté la « Dyane 6 Méhari » en pleine contestation étudiante, tandis que les grèves commençaient à paralyser le pays. Cela n’empêcha pas la marque au chevron de lancer ce modèle atypique qui fit de jolis débuts malgré la période troublée, et qui s’installa dans son catalogue jusqu’en 1987.

Le comte Roland de La Poype est à l’origine du projet Méhari. Cet ancien pilote de chasse de l’escadrille Normandie-Niemen a été un précurseur de l’utilisation du plastique, au lendemain de la deuxième guerre mondiale. Il entama ainsi une carrière d’industriel, créant en 1952 le berlingot de shampooing Dop. Quinze ans plus tard, il inventait la Méhari, avec sa carrosserie plastique aux couleurs inédites pour l’industrie automobile : rouge, vert, orange ou beige couleur désert.

MEHARIE 5

Face au succès de la Mini Moke, dans les années 1960, Roland de La Poype qui travaille pour la marque aux chevrons estime possible de réaliser un modèle de loisirs s’inspirant de la même philosophie. Il faut savoir qu’à l’époque, la société Teilhol planche sur un projet similaire avec une Renault 4 qui donnera naissance à la Rodéo. Il propose alors d’utiliser l’aspect mécano de la deudeuche et de l’habiller d’éléments de carrosserie en acrylonitrile butadiène styrène (ABS) teintés dans la masse et reposant sur une structure en treillis métallique.

Le concept séduit immédiatement la firme du Quai de Javel à Paris, qui lance la production. D’abord chez ENAC, qui commercialisait un kit pour transformer la 2CV berline en utilitaire (plancher plat et ouverture du coffre intégral) et qui était chargée de transformer les fourgonnettes en pick-up. Puis, directement chez Citroën à partir de 1969.

Des bâches tenues par une armature métallique de tubes façon tente de camping, les demi-portes à l’aspect tôle ondulée comme l’ensemble des panneaux latéraux, la mousse qui fait office de siège, le clignotant en plastique sans rappel qui plie dangereusement, le volant au diamètre démesuré, le levier de vitesses au positionnement particulier sur la planche de bord avec sa boule noire, le moteur 602 cm3 avec un carburateur double corps… c’est tout cela qui fait  le charme de la Méhari. Sa faible puissance est compensée par un poids limité à 555 kg, qui permet une vitesse de pointe de… 106 km/h. Excellent pour garder ses points !

MEHARIE 2

La Méhari a l’avantage de pouvoir être laissée plusieurs mois, sans poser de problème au redémarrage. Tout ou presque est disponible en neuf auprès de nombreuses sociétés qui proposent des pièces détachées. La mécanique est simple, ce qui la met à la portée d’un débutant. Quant à l’entretien, il se limite à une vidange moteur tous les 5.000 km, à celle de la boîte tous les 20.000 km et au graissage régulier des pivots de fusée.

La cote de la Méhari s’est envolée ces dernières années. Il faut compter 7.000  à 10.000 euros pour un véhicule bien entretenu, et même 25.000 euros pour l’une des 1213 versions 4×4.

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